La magnifique mélodie de la danse macabre de Saint-Saëns enchante les passionnés de musique classique par sa beauté. Mais c’est surtout son message et sa morale qui captivent ! Vous vous demandez peut-être ce que cette musique signifie et quels sont les instruments clés de cette composition ?

Bienvenue sur notre boutique en ligne ! La mort et tout ce qui lui est lié sont notre domaine d’expertise. Aujourd’hui, nous sommes ravis de vous présenter l’un des grands classiques de l’histoire de la musique : la Danse Macabre de Saint-Saëns.

Dans cet article, nous explorerons ensemble le sens de cette mélodie extraordinaire. Comment le compositeur parvient-il à faire danser des squelettes et à donner la parole au diable grâce à des instruments de musique ? Et surtout, quelle est la morale de cette histoire et comment en tirer parti. Commençons juste après avoir écouté le morceau de musique en question :


Charles-Camille Saint-Saëns

Charles-Camille Saint-Saëns était un compositeur de musique français de la seconde moitié du XIXe siècle. Saint-Saëns était considéré comme un compositeur profondément ancré dans la tradition. Son œuvre s’inscrit davantage dans la musique classique et romantique qui l’a précédé, et moins dans l’impressionnisme et la musique classique moderne qui ont dominé la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Il est souvent considéré comme l’un des plus grands compositeurs français de tous les temps.
La Danse macabre est l’un des poèmes symphoniques que Saint-Saëns a composés dans les années 1870, tous inspirés en partie par des exemples de Franz Liszt (dont son propre Totentanz date de 1849) et explorant à la fois le concept de transformation thématique de Liszt et une instrumentation novatrice.

Saint-Saëns a développé la chanson comme un poème sonore en 1874, en donnant une grande partie de la partie vocale à un violon solo, et en utilisant le xylophone pour représenter les os du squelette qui s’entrechoquent. Il introduit également, vers le milieu, le Dies irae, un thème grégorien tiré de la Messe de Requiem, que les compositeurs utilisent souvent pour évoquer des scènes de mort et de jugement.

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Voici ce qu’il faut retenir de cette musique :

  • Composée en 1874
  • Durée : environ 8 minutes
  • Orchestration : piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, tuba, timbales, percussions (grosse caisse, cymbales, triangle, xylophone), harpe et cordes
  • Première représentation par l’Orchestre philharmonique de Los Angeles le 25 août 1922

Camille Saint-Saëns était un homme aux multiples facettes. Érudit et écrivain aux intérêts variés, il était également un grand voyageur, un musicien polyvalent excelling comme claviériste, compositeur, chef d’orchestre, professeur et éditeur. Il a vécu en méprisant les œuvres de Debussy et de Stravinsky (entre autres) et est souvent considéré comme un compositeur conservateur, voire réactionnaire. Cependant, au début et au milieu de sa carrière, Saint-Saëns était un fervent défenseur de l’aile la plus progressiste de la musique contemporaine (notamment Schumann, Wagner et Liszt), et sa propre musique était souvent très originale dans sa forme et son orchestration.
Entre la trentaine et le milieu de la quarantaine, Saint-Saëns a écrit quatre poèmes symphoniques. Le troisième, écrit en 1874, est devenu le plus célèbre. Il s’agit bien sûr de la « Danse Macabre » dont nous parlons aujourd’hui. Le compositeur a travaillé à partir d’un véritable poème d’Henri Cazalis.

Voici le texte traduit de l’anglais sous le nom de « Scordatura » :

Zig, zig, zig, la mort en cadence,
Frappant de son talon une tombe,
La mort à minuit joue un air de danse,
Zig, zig, zig, sur son violon.

Le vent d’hiver souffle et la nuit est sombre ;
On entend des gémissements dans les tilleuls.
Dans l’obscurité, des squelettes blancs passent,
Courir et sauter dans leurs linceuls.

Zig, zig, zig, chacun fouille.
On entend les os des danseurs craquer.
Mais hist ! d’un coup, ils ont quitté la ronde,
Ils poussent, ils volent, le coq a chanté.

Le compositeur a su capturer de manière magistrale le grincement des os et la malice diabolique du poème. La « Danse macabre » a d’abord été rejetée par le public, qui la trouvait trop sombre et démoniaque. 😈 Mais le temps a montré que cette critique était risible. La Danse macabre est devenue l’œuvre la plus jouée du compositeur.

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Signification de la Musique « Danse Macabre »

Dans l’univers évocateur de Saint-Saëns, le violon solo représente le diable qui joue du violon pour la danse. Dans une subtile plaisanterie musicale, la corde supérieure du violon est intentionnellement accordée un demi-ton plus bas, formant ainsi un triton, également connu sous le nom d' »intervalle du diable ». Dans le défi lancé au soliste, cela signifie que celui-ci doit ajuster toutes les notes de cette corde. Ainsi, dans notre représentation d’aujourd’hui, notre violon solo est le « diable du jour » ! 👹
La danse débute au coup de minuit (peut-être à Halloween) dans un cimetière. Il ne faut pas la confondre avec le jour des morts. Écoutez les douze coups de la lointaine cloche qui résonnent doucement avec la harpe dès le début. Les danseurs squelettiques sont représentés par les sons fragiles et osseux du xylophone qui répondent au thème du violon. Bientôt, les squelettes sortent de leurs tombes et commencent à danser sur l’air surnaturel du diable. Les danseurs squelettiques sont représentés par les sons fragiles et osseux du xylophone.

Une flûte solo prend les rênes de la mélodie, le premier et le deuxième thème sont repris par différentes sections de l’orchestre. La musique devient de plus en plus énergique à mesure que chaque section reprend les différents thèmes. Les bois citent le Dies Irae (une mélodie du requiem traditionnel sur le « Jour de la colère » qui est souvent utilisée dans les représentations musicales de la « Mort »), joué avec légèreté par les bois et la harpe pendant environ deux minutes et demie dans une tonalité majeure. Ils s’amusent à danser, ce qui ajoute au caractère prémonitoire de la pièce. 💃

L’orchestre se réunit pour atteindre le point culminant de l’œuvre, tandis que le violon solo joue constamment légèrement au-dessus pour maintenir la mélodie en mouvement. Il y a une brève rupture abrupte de la texture avant qu’elle ne commence à se reconstruire. La section de la coda représente l’aube qui se lève, le hautbois imitant le chant d’un coq. Les squelettes retournent rapidement dans leurs tombes… jusqu’à l’année prochaine !

Le diable fait son travail et la danse frénétique s’accélère de plus en plus jusqu’à s’arrêter brusquement, laissant place au chant du coq (écoutez le hautbois). La nuit touche à sa fin, l’aube se lève et tous s’enfoncent dans les profondeurs pour échapper à la lumière du soleil, tandis que le diable achève tristement sa mélodie et s’enfuit.

Légende de la Danse de la Mort

Selon la légende, la Mort apparaît à minuit le jour d’Halloween et appelle les morts à danser pour elle pendant qu’elle joue du violon. Elle est représentée par le violon solo désaccordé de Saint-Saëns. L’histoire suit la danse des squelettes jusqu’à l’aube, puis les tombes se remplissent à nouveau pour une année supplémentaire. Cette quintessence de l’histoire d’Halloween est racontée à travers le monde, et l’œuvre de Saint-Saëns en est une représentation musicale.
Saint-Saëns a utilisé la mélodie du xylophone de la Danse Macabre comme parodie dans son œuvre ultérieure, le Carnaval des animaux, dont le thème est repris dans le mouvement « Fossiles ». La musique de la Danse Macabre évoque l’obscurité, les squelettes, le vent, les tombes, et bien plus encore, en en faisant un festin somptueux pour Halloween !

Elle est considérée comme un « poème sonore », racontant une histoire ou une fable à travers la musique elle-même. Différents instruments représentent différents personnages, le violon est le diable, le hautbois est un corbeau, le xylophone est un os qui claque. La Danse Macabre est basée sur une ancienne allégorie médiévale de la « danse de la mort », une danse que chacun connaissait, car tout le monde devait un jour mourir.

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Moralité de la Danse Macabre

Un empereur, un mendiant, un moine, une mère, un musicien… Peu importe la position que l’on occupe dans la vie, la danse de la mort nous rassemble tous. Pouvons-nous, en tant qu’êtres vivants, danser avec la même frénésie débridée que ces squelettes blancs qui traversent les ténèbres ? La vie est fragile, ses gloires terrestres sont vaines… ☠️
Avec vivacité et verve, l’auteur dépeint le récit fantastique de la danse frénétique de la Mort. Le matériau musical de la Danse Macabre de Saint-Saëns s’est avéré idéal pour un traitement pianistique multiple, et à ce jour, nous avons créé pas moins de sept compositions différentes à partir de la partition originale. Dans toutes ces interprétations, nous exploitons les capacités du piano en illustrant l’atmosphère par des figurations harmoniques tourbillonnantes et le cliquetis des os par des rythmes et des effets percutants.

Dans cette histoire, les squelettes accompagnent les êtres humains vivants jusqu’à leur tombe dans une valse animée. Rois, chevaliers et roturiers se joignent à eux pour rappeler que, quels que soient le statut, la richesse ou les réalisations de la vie, la mort vient pour tous. À une époque où les épidémies de peste noire et les incessantes batailles entre la France et l’Angleterre lors de la guerre de Cent Ans ont fait des milliers de morts, les images macabres comme celle de la danse de la mort étaient un moyen de faire face à la perspective toujours présente de la mortalité. 💀


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